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C'est un domaine essentiel dans lequel les deux candidats ont des positions diamétralement opposées.  

Fillon mise sur le nucléaire et veut mettre fin au principe de précaution, il se dit prêt à rallonger le temps d'utilisation des centrales nucléaires de 40 à 60 ans.

Emmanuel Macron veut réduire la part du nucléaire au profit des énergies renouvelables dans le mix énergétique, il constate que le plus grand défi à relever reste celui de la sécurité, et qu'à l'heure actuelle personne n'est capable de dire combien coûte réellement l'énergie nucléaire, si on inclut les coûts de démontage des centrales, le stockage des déchets . Et de conclure que la solution à court terme se trouve dans l'optimisation du mix-énergétique et dans l'investissement massif pour les énergies renouvelables.

On pourrait s'arrêter là et dire que Fillon a tout faux, et que Macron à tout juste, tellement le constat d'Emmanuel Macron est plein de logique et de bon sens.

Sur la sécurité ;

L'histoire lui donne raison avec trois incidents majeurs, dans trois pays différents, avec des technologies différentes, à des époques différentes ; USA (Three miles island), Ukraine (Tchernobyl), Fukushima japon. La France est le dernier pays comptant une telle concentration de réacteurs nucléaires et n'ayant pas eu d'incident majeur. Mais plus le temps s'écoule , plus la probabilité d'un incident augmente. Dans les deux derniers cas, la situation est devenue incontrôlable avec des dégâts inestimables sur la santé à terme des habitants de toute une région, voire plus loin, et par une indisponibilité immédiate et pour de nombreuses années d'une partie du territoire. Certains radionucléides ont une nocivité qui dure plusieurs millions d'années et on ne sait rien faire d'autre que les stocker (l’Uranium 238 a une durée de vie de 4.5 milliards d’année !!).

Dans tous les cas le facteur déclenchant était extérieur au fonctionnement de l'installation. A Fukushima un phénomène naturel et à Tchernobyl une erreur humaine. Il n'y a donc à l'heure actuelle aucune garanti sur la sécurité des centrales.

Sur le coût ;

Nous n'avons aucune certitude sur le coût de démantèlement des centrales nucléaires comprenant le stockage des déchets. Encore faudrait il rajouter le coût d'approvisionnement du combustible comprenant toutes les opérations militaires que nous effectuons à l'étranger pour sécuriser les zones d'extraction comme c'est le cas au Mali aujourd'hui.


Et sans compter le coût éventuel d’un accident nucléaire, que la Cour des comptes avait intégré à son chiffrage, estimant de ce fait le coût de l’énergie atomique entre 70 et 90 euros le MWh… mais en partant d’un coût initial de construction de l’EPR (réacteur de nouvelle génération de 4 milliards d’euros. Or ce dernier risque de revenir à plus de 10 milliards d’euros). En comparaison, en France, pour produire 1 MWh, il faut compter environ 80€ pour l'éolien, 100€ pour l'énergie photovoltaïque dans le sud, 100 € pour les centrales à charbon ou à gaz, et seulement 15 à 20€ pour l'hydroélectricité. Mais au contraire du nucléaire il n'y a pas d'incertitude sur le prix réel.

Sur la stratégie ;

L'utilisation de l'énergie en mode hybride permet d'obtenir les meilleurs rendements et donc de baisser les coûts de chaque énergie utilisée. Par exemple, L'utilisation de l’éolien peut contribuer à diminuer les coûts de l'énergie fossile qui ne fonctionnera alors que dans des plages optimales.

L'adaptation des habitudes de consommation avec les capacités de production en mode connecté permettra aussi de connaître à quels moments il est préférable de ralentir sa consommation d'énergie.

Les économies d'énergie seront au cœur de la réflexion car le MWH le moins cher est celui que l'on ne consomme pas.

Et enfin les doutes sur l'avenir de la filière nucléaire. ;

La série noire continue pour la filière nucléaire française. Après les imperfections dans la cuve de l’EPR de Flamanville, c’est un ensemble de falsifications de dossiers de fabrication de composants nucléaires à l’usine de Creusot Forge qui vient d’être mis au jour, selon Les Échos.

Si l'on ajoute à cela le scandale URAMIN ou Areva a dépensé 3 milliards d'euros pour acheter des concessions minières inexploitables, et le réacteur EPR vendu au finlandais dont le prix de revient à déjà dérapé de 5 milliards d'euros, on est en droit de parler de désastre industriel alors qu'Areva est aujourd'hui au bord de la faillite.

Mais peut être que, comme le souligne Rachida Dati, "François Fillon est mal conseillé par une directrice de com’ (Anne Méaux) qui dirige une agence de communication privée qui conseille des émirs, des fortunes privées ou des grands groupes industriels, dont.... Areva dont on paye aujourd’hui le naufrage. La France ce n’est pas un produit. C’est pas Coca-Cola quoi. »

Alors espérons que le prochain Pshiiiiit ne sera pas nucléaire.

Thierry Tamisier le 28/02/2017

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