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Plus c'est gros mieux ça passe ! Et la dépense publique ne fait pas exception à ce principe.

 

On a souvent tendance à opposer la dépense d'investissement aux dépenses de fonctionnement, en étant beaucoup plus critique à l'égard des secondes que des premières. On parle ainsi de réduire les dépenses de fonctionnement en réduisant le nombre de fonctionnaires, sans s'attarder sur l'effet de la suppression de plusieurs centaines de milliers postes sur le taux de chômage global. Mais on se félicite des dépenses d'investissement qui ne seraient pas de vrais dépenses, et que l'on présente comme un gain concrêt pour les habitants susceptible de provoquer une satisfaction quasi orgasmique. « on vous a fait un stade » ahhhohh » « On vous a fait un beau collège pour vos enfants » et etc.

 

Et pourtant, il y a beaucoup de chose à dire. La démonstration en quatre exemples;

 

Tout d'abord le stade vélodrome dont les derniers travaux auront coûté la bagatelle de 400 millions d'euros, ce qui représente le coût d'une grande installation industrielle clefs en main susceptible d'employer un bon millier de personnes;  Coût des travaux que le club ne veut pas assumer. Force est de constater que ce stade sera très dur à remplir comme le démontre l'affluence pour l'affiche de coupe de France Monaco-Marseille ou une grande partie des tribunes étaient vides, alors que le toit n'a de réelle utilité que 2 ou 3 matchs par saison.

 

Ensuite, les écoles. Actuellement en construction à Port saint Louis du rhône, ville de 9000 habitants, le montant de l'investissement pour le nouveau collège de Robespierre est annoncé à plus de 35 millions d'euros sans compter les dépassements éventuels dont on sait qu'ils se situent habituellement entre 10 et 30% du montant de l'investissement initial. Pour accueillir 400 élèves soit environs 20 salles de classe cela représente environ 2 millions d'euros par classe, ce qui veut dire que sur l'ensemble de la construction on se trouve entre 10 à 20 000 euros le m2, à comparer aux 3500 euros par m2 pour construire une villa de luxe. A titre d'exemple encore, le Mucem à Marseille qui est une véritable prouesse technique n'aura coûté que 2400 euros le m2.

 

Troisième exemple, la reconstruction de l'hôpital de Salon de Provence annoncée d'abord à 100 Millions d'euros, puis 150, pour 200 chambres, ce qui ramène le prix à une moyenne de 750 000 euros la chambre !!

 

Quatrième exemple, la place Morgan à Salon de Provence, un parking affecté au petit commerce de centre ville et ensuite transformé en une place minérale, inutilisable, complètement déconnecté des préoccupations économique locales et au seul bénéfice d'un carrefour Market. Au moins 30 millions de fonds publics toutefois investis en aménagements pour faire le lit d'un promoteur privé qui ne va pas oublié d'encaisser les loyers.

 

Cherchez l'erreur !

 

Nul doute que pour que l'investissement public retrouve un peu de ses vertus, il faudrait certainement revoir les modalités de chiffrage et de passation des marchés publics, car on imagine bien les bénéfices réalisés par les gros faiseurs...et payés ensuite par les contribuables.  

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