Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 « (le recruteur) Savez vous qui était Napoléon Mademoiselle.... (la candidate) Oui Monsieur je le connais bien mais.... je ne me rappelle plus le titre de ses chansons »

Le candidat François Fillon a des idées bien arrêtés sur l'apprentissage ;

     

« le contrat d'apprentissage ça ne marche pas parce que tout le monde s'en occupe, je propose de confier aux régions la pleine responsabilité des lycées professionnels ».

 

La réalité est bien différente, et l'alternance ne fonctionne pas pour deux raisons essentielles. D'une part, le profil des élèves qui sont envoyés vers l'apprentissage, et d'autre part, la nature du lien contractuel dont les effets nous éloignent de l'esprit même du contrat d'apprentissage.

 

Un grand nombre d'élèves ne choisissent pas le contrat d'apprentissage, car bien souvent c'est la seule possibilité qu'il leur reste. Ils sont déjà en échec scolaire, ne savent ni écrire et ni compter correctement, situation parfois encore aggravée par un milieu familiale difficile. A une candidate qui cherchait un contrat d'apprentissage et dont j'essayais d'estimer le niveau de culture générale je posais une question sur Napoléon, et elle me répondit ; « Oui Monsieur je le connais mais.... je ne me rappelle plus le titre de ses chansons ». La liste du bêtisier serait encore très longue.

 

Le contrat d'apprentissage, permet de trouver une occupation qui procure un peu d'argent pour attendre et voir venir. Mais à défaut d'un vrai projet professionnel et d'un véritable intérêt pour le travail proposé, la situation peut rapidement se dégrader  et devenir ingérable, conduisant à des perturbations dans l'entreprise ou à l'école; absentéisme, insubordination, et très peu d'intérêt porté à leur travail.

 

Certains mauvais élèves ont vite compris comment jouer avec le système, dans une ambiance générale de défiance à l'égard des entreprises. S'il leur est reproché de ne pas assez travailler les cours, ils se plaignent de l'entreprise d'accueil. Le directeur du CFA qui affiche toujours une grande neutralité dans les relations apprenti- maître d'apprentissage ne manquera pas de leur remettre un livret intitulé « les droits de l'apprenti » et une carte de visite avec les coordonnées de l'inspection du travail, au cas ou. Fort de cette « attention » bienveillante l'apprenti revient toujours plus « gonflé «  en entreprise.

 

Nous sortons alors rapidement d'une relation basée sur le respect et l'échange. Le contrat d'apprentissage ne devient qu'un pseudo contrat de travail, ou le temps passé en entreprise n'est plus que la contrepartie de l'argent reçu à la fin du mois.... Vite l'heure que je m'en aille !

 

Quels sont les moyens juridiques à disposition du maître d'apprentissage : Aucun !

 

Si l'apprenti ne va pas au CFA ce sera l'employeur qui ne percevra pas l'aide à l'apprentissage (oui oui) délibération n°14-595 du 27 juin 2014 du conseil régional PACA. Vous ne rêvez pas l'entreprise est sanctionnée du fait d'autrui interenu en dehors des heures de travail. Cette situation incroyable au regard de nos principes juridiques ne semble gêner personne.

 

Si l'apprenti fait une faute, et quelque soit le degré de cette faute,, l'employeur ne peut pas le licencier car il n'existe aucune procédure qui permet de le faire. La seule façon de rompre un contrat d'apprentissage, en dehors de la volonté commune, c'est de saisir le conseil des prud'hommes lequel mettra toujours plus de temps à statuer qu'il ne reste de mois de contrat à échoir.

 

Thierry Tamisier, le 27/02/2017

 

Partager cet article

Repost 0