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Le petit commerce est plus que jamais attaqué par le net, les franchises, les galeries commerciales et autres villages des marques.

 

La concurrence est telle que la stratégie initiale de la grande distribution « Tout sous le même toit à prix discount » a même fini par s'essouffler, car le nombre d'hypermarchés est aujourd'hui bien au delà du seuil de saturation estimé par les experts au début des années 80.

 

Les galeries commerciales font leur révolution, mais elles ont bien compris que la grenouille ne deviendra jamais aussi grosse que le bœuf Amazone, et qu'il ne suffit plus d'élargir sa gamme de produits pour attirer le Chaland.

 

Après avoir amélioré l'accessibilité, et agrandi les parkings, les gestionnaires de centre commerciaux rivalisent désormais d'investissements et d'imaginations pour améliorer ….l'ambiance ! Et oui l'ambiance !!

 

 

 

 

 

Rien n'est trop beau ou assez innovant pour satisfaire les visiteurs, montagnes russes, soufflerie de parachutiste, grands aquariums avec des requins, patinoires , tout ce que l'on peut y faire entrer, quitte à empiler si nécessaire. Le tout pour des montants annoncés bien inférieurs à des embellissements urbains classiques de centre ville qui se résument à refaire quelques trottoirs et à rajouter des bacs à fleurs. Mais dès qu'il s'agit d'investissements publics les prix flambent !

 

 

 

 

 

Pendant que les galeries marchandes font leur révolution, les maires augmentent les espaces piétons et diminuent le stationnement en méconnaissance du sacro-saint principe ; « NO PARKING/ NO BUSINESS ». Tous les prétextes sont bons pour faire des travaux, des trottoirs, des ronds points, pour des villes qui deviennent de plus en plus minérales et déconnectées de la culture locale.

 

L'effet sur la fréquentation du petit commerce est désormais visible, et il est structurel. Il y a de moins en moins de personnes qui passent dans les rues et ceux qui viennent ont de moins en moins d'argent. Résultat, les rideaux descendent et ceux qui résistent ne peuvent plus investir. Les vieilles « maisons commerciales» qui avaient fait la réputation d'une ville et son caractère , sont parfois remplacées par de grandes enseignes, ou des magasins de discount, mais les quartiers perdent leur âme. Ce qui est vrai pour le Marais à Paris l'est tout autant pour une ville de Province, et tout le monde regrette cette perte d'identité.

 

Doit on considérer que la disparition du petit commerce est finalement dans l'ordre des choses, et qu'en dehors de ceux qu'elle touche les autres peuvent s'en réjouir ?

 

Rien n'est moins sur ! Car lorsque les franchises ne remplacent pas les petits commerçants la désertification entraîne la paupérisation et tous les maux qui l'accompagnent ; Perte d'identité, insécurité, pour un coût final qui peut être très élevé.

 

Le petit commerce est un maillon social indispensable. Le boucher est parfois la seule personne qui adresse la parole à la vieille dame au cours de la journée, et le boulanger lui gardera son pain pendant qu'elle va au marché. De manière générale les clients aiment être reconnus quand ils pénètrent dans un commerce, ils ont leurs habitudes, ils ont besoin d'être considérés autrement qu'ils ne le sont dans un supermarché et même d'échanger quelques mots.

 

Le petit artisan est aussi celui que l'on sollicite pour mettre en apprentissage le petit dernier qui n'aime pas l'école.

 

Les consommateurs ne sont plus une collection d'individus mais un corps vivant au sein duquel l'information circule. Les petits commerçants vascularisent l'économie de manière aussi essentielle que ne le font les capillaires dans le corps humain, Ils oxygènent la société dans ses moindres recoins.

 

Mais leur environnement juridique est aussi déplorable que l'environnement commercial. Leurs structures sont trop réduites pour s'adapter à des évolutions normatives trop rapides, tant et si bien que les artisans et les commerçants n'ont plus l'impression de passer l'essentiel de leur temps sur leur métier de base.

 

La législation sur les baux commerciaux est très ancienne et son texte de base date de 1953 (décret du 23 septembre 1953). Les dispositions légales devaient maintenir un certain équilibre entre le bailleur et l'exploitant du commerce, mais la situation à complètement tourné à l'avantage du bailleur.

 

L'exploitant est Incapable de s'adapter aux mutations de son marché en raison de disposition légales qui déséquilibrent complètement le contrat de bail.

 

La déspecialisation du bail n'est possible qu'avec l'accord du bailleur. Tant et si bien que lorsque le commerce fonctionne moins bien et qu'il faut faire évoluer son offre, le commerçant subit une double peine. Non seulement son commerce marche moins bien, mais il est obligé d'accepter une augmentation du loyer pour obtenir le droit de s'adapter.

 

Le petit commerce peut encore être sauvé à deux conditions:

 

La première c'est de faire évoluer la législation sur les baux commerciaux pour libérer l'exploitant d'une insécurité juridique permanente et mortelle.

 

La seconde c'est d'investir massivement des fonds publics dans les centres ville pour améliorer l'accessibilité et créer de véritables lieux d'ambiances. On voit mal pourquoi ce qui est rentable dans des galeries commerciales de 300 commerces ne le serait pas dans des villes moyennes qui en comptent le double, à condition toutefois de bien négocier les marchés et ça s'est une autre histoire.

 

Emmanuel Macron à vous de jouer, En tout cas on compte sur vous !

 

Thierry Tamisier, le 13/03/2017.

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